Copyright 2021 - Custom text here

1916, année de Verdun

 Le 31 décembre 1915, le Président de la République, Raymond Poincaré, déclare : "Nous laisser aller à une défaillance momentanée, ce serait être ingrats envers nos morts et trahir la postérité" et Joffre : "ne pensons qu'à venger nos morts !"

Le thème de la vengeance devient la justification de la poursuite de la guerre...

Une loi autorise l'appel anticipé des jeunes de la classe 17 (ils auront 19 ans dans le courant de l'année 1916). Des critiques deviennent nombreuses, des parlementaires présentent une motion pour que le gouvernement fasse respecter son droit de contrôle sur les armées. Mais Joffre est intraitable, il a de mauvais rapports avec le général Galliéni, ministre de la guerre, et s'entête à commander des opérations de grignotage qui provoquent des milliers de morts. Il néglige des rapports indiquant des concentrations de troupes allemandes et exerce un chantage à la démission en mettant en avant son action lors de la bataille de la Marne.

Le 21 février, les troupes allemandes provoquent la surprise en attaquant à Verdun. Le 25, le fort de Douaumont est perdu. Le général Pétain est chargé du commandement et organise la résistance. Pendant plusieurs mois, la route Bar le Duc -Verdun sera empruntée par des convois incessants de camions transportant renforts, munitions, nourriture. Elle y gagnera le nom de "Voie Sacrée". Au total, environ 4 000 camions, 2 000 voitures, 800 ambulances, 200 autobus y circulent jour et nuit.

Au mois d'avril l'attaque allemande est enrayée, mais à quel prix, 600 000 hommes sont tombés, morts ou blessés, la plupart ont été victimes de l'artillerie qui pilonne sans relâche des terrains défoncés où se terrent des fantassins sans défense. On a pu calculer qu'en moyenne, chaque m² de terrain avait reçu six obus.

Par le systême de la "relève", l'armée française fera passer 70 de ses 95 divisions dans le secteur de Verdun, si bien que presque tous les poilus survivants pourront dire par la suite : "Verdun, j'y étais !".

Les neuvicois tombés à Verdun entre février et juin 1916 appartenaient à huit régiments différents.

 

Urgel Louis, mort le 12/02/1916 à la Main de Massiges (Marne), acte transcrit à Neuvic le 15/04/1916.

115e RI.
Classe 1909, matricule 99 (Périgueux).
Classé service auxiliaire en 1914 et renvoyé dans ses foyers avant d'être rappelé en mars 1915.

Né à Neuvic (le Goret) le 27/08/1889 – 26 ans, cultivateur.
Fils de Jérome et d'Anne Gaillardon (cultivateurs).

 

Lafon André, mort le 25/02/1916 à Verdun (L’acte de décès indique Douaumont), acte transcrit à Neuvic le 20/05/1916.

85e RI.
Classe 1914, matricule 150 (Périgueux).

Né à Neuvic le 07/02/1894 – 22 ans.
Fils de Jean et d'Aimée (Anne) Mazeau (cultivateurs).

 

Tronche Albert (Pierre sur le monument), mort le 14/03/1916 à Verdun, (l’acte de décès indique « au sud de Bras (Meuse) »), acte transcrit à Neuvic le 10/09/1916.

151e RI
Classe 1914, matricule 182 (Périgueux).

Né à Douzillac le 25/05/1894 – 21 ans, célibataire.
Fils de Vincent (originaire du Breuil) et de Jeanne Treillou.

 

Beaugier Emile, mort le 18/04/1916 à la Côte du Poivre (l’acte de décès indique « près de Bras ») (Meuse), acte transcrit à Neuvic le 27/04/1917.

63e RI
Classe 1908, matricule 100 (Périgueux).
Citation posthumeà l'ordre du régiment ("tué à son poste de combat devant Verdun"), croix de guerre avec étoile de bronze.

Né le 27/08/1888 à Vallereuil (le Breuil) – 27 ans, cultivateur à Sourzac en 1913.
Fils de Louis et de Jeanne Dubost, (c’est le 2ème fils tué).
Marié à Jeanne Jalage le 26/5/1913 à Sourzac

 

Lacoste Constant, mort le 18/04/1916 à Bois Navé devant Verdun, acte transcrit à Neuvic le 12/06/1916.

Sergent au 326e RI (Brive).
Classe 1911, matricule 444 (Périgueux).
Blessé en septembre 1914 et en mai 1915.
Citation à l'ordre de l'armée le 21/12/1914 et à nouveau le07/05/1915. Médaille militaire et croix de guerre le 14/06/1915.

Né à Neuvic le 05/07/1891 – 24 ans, cultivateur.
Fils de Jean Lacoste et Augustine (Sicarie) Blondy, cultivateurs aux Jeannetoux (c’est le 2ème fils tué)

 

Manem Martial,  mort le 08/05/1916 à Dugny (Meuse), acte transcrit à Neuvic le 12/6/1916

6e  RI Territ
Classe 1892, matricule 598 (Périgueux).

Né le 19/8/1872 à St Astier – 43 ans.
Fils de François et de Jeanne Siauve, cultivateurs à Jeyvat puis à Neuvic.

Marié à Jeanne Dupuy, ils étaient cultivateurs à Théorat et avaient quatre enfants (Marie, Anne, Léon et Louis) dont trois vivants.

 

Lavignac Jean, mort le 02/06/1916 à Verdun (Meuse), acte transcrit à Brive le 20/07/1916.

Sous-lieutenant au 412 RI.
Classe 1912, matricule 1604 (Brive).

Etudiant à Toulouse, sursitaire incorporé le 16 août, aspirant le 25/12/14, sous lieutenant le 29/01/1916. Légion d'honneur à titre posthume le 18/05/1919.

Né le 28/12/1892 à Neuvic – 23 ans.
Fils de Marc (né à St Germain du Salembre, professeur d’école normale) et de Louise Faure (née à Neuvic).

Seyrat Charles, mort le 08/06/1916 au fort de Vaux (Meuse), transcrit à Neuvic le 05/10/1916.

321e RI.
Classe 1897, matricule 1238 (Périgueux).

Né le 31/07/1877 à Neuvic (Puy de Pont) – 38 ans, charron à Puy de Pont.
Fils de Jean et de Sicarie Gaillard (cultivateurs).

 

 

Le 1er juillet, les Alliés attaquent dans le secteur de la Somme. Les troupes anglaises subissent des pertes considérables dès le premier jour (20 000 morts et 40 000 blessés). Le front se déplace d'une dizaine de kilomètres durant les premiers jours, c'est un succès pour les Alliés mais ce n'est pas une percée et la guerre d'usure reprend.

Jusqu'à la fin de l'année, sept nouvelles victimes neuvicoises tombent aussi bien dans le secteur de la Somme que dans celui de la Meuse.

 Feytout Charles, mort le 05/7/1916 à Hardicourt Maurepas (Somme), acte transcrit à Neuvic le 14/01/1917.

127e RI.
Classe 1908, matricule 72 (Périgueux).
Citation à l'ordre de la division : "brancardier d'un dévouement admirable et d'un courage à toute épreuve... a été tué en relevant un blessé pendant un bombardement intense"
Croix de guerre avec étoile d'argent.

Né à Neuvic (Théorat) le 03/03/1888 – 28 ans, cultivateur.
Fils de Jean (originaire de St Hilaire d’Estissac) et de Marguerite Duperrier (née au Terme).


Inhumé au cimetière de Maricourt tombe 702.

 

 Planche André Abel Joseph, mort le 08/07/1916 à Froidos (Meuse) ambulance 3/5 des suites de blessures, acte transcrit à Vallereuil le 27/08/1916.

58 RA.
Classe 1913, matricule 795 (Périgueux).

Né à Vallereuil (la Tuilière) le 19/07/1893 – 22 ans.
Fils de Louis et de Louise Veyssière, agriculteurs au But. Son nom figure aussi sur le monument de Vallereuil.

Inhumé à la nécropole nationale des Islettes (Meuse) tombe 1976.

 Mazeau François, mort le 05/08/1916 à Thiaumont-Fleury (Meuse), acte transcrit à Neuvic le 25/10/1916.

81e RI (venant du 126e RI).
Classe 1911, matricule 460(Périgueux).
Citation à l'ordre du régiment : "Très crâne au feu, d'une bravoure et d'un courage exemplaire". Croix de guerre, étoile de bronze.

Né le 18/07/1891 à Neuvic (Planèze), 25 ans, cultivateur.
Fils de Jean et de Anne Merino (cultivateurs).

 

Bouyer Gabriel Louis, mort le 16/08/1916 à Maurepas (Somme), acte transcrit à Neuvic le 15/11/1916.

Caporal au 5e bataillon de chasseurs alpins.
Classe 1911, matricule 424(Périgueux).
Citation à l'ordre du bataillon : "Caporal brave et dévoué, très estimé de ses chefs et de ses camarades, est tombé glorieusement alors qu'il conduisait ses hommes à l'assaut des positions ennemies sous un tir de barrage d'une violence inouïe". Croix de guerre avec étoile de bronze.

Né le 22/12/1891 à Neuvic (Villeverneix), 24 ans, cultivateur.
Fils de Sicaire et de Marie Audebert (cultivateurs).

 

 Seyrat Georges, mort le 06/09/1916 à Maurepas (Somme), acte transcrit à Neuvic le 19/12/1916.

73e RI
Classe 1910, matricule 756(Périgueux).
Médaille militaire à titre posthume, croix de guerre avec étoile de bronze.

Né le 27/05/1890 à Neuvic – 26 ans, étudiant en lettres.
Fils de Jean Seyrat (charpentier à Théorat) et de Marguerite Seyrat.

 

Rolland Lucien, mort le 05/10/1916 au bois de Gleuze près Combles (Somme), acte transcrit à Neuvic le 16/11/1916.

Classe 1893, matricule 1202 (Périgueux), 209e RI territ.

Citation à l'ordre du régiment, croix de guerre avec étoile de bronze.

Inhumé au cimetière militaire de Maricourt (Somme), tombe 788

Né à Neuvic (Planèze) le 22/8/1873 – 43 ans.
Fils de Jean et de Marie Mazurie.
Marié à Amélie Durieux (de Théorat) le 6/11/1898, il est négociant lors de son mariage puis marchand épicier sur l’acte de naissance de ses deux enfants (Lucinde 11/09/1899 et Marcel 05/01/1901).

 

 Lavignac Edmond, mort le 10/11/1916 à Notre Dame de Sonain (Marne), acte transcrit à Neuvic le 24/02/1917.

1er RI
Classe 1916, matricule 147(Périgueux).

Né le 09/03/1896 à Neuvic – 20 ans.
Fils de Jean-Baptiste et de Jeanne Chort (cultivateurs à Planèze).

Inhumé au cimetière de Suippes (Marne).

 

 

L'utilisation massive des gaz de combat provoque aussi de nombreux décès, souvent attribué à la tuberculose pulmonaire :

 Gaillardon Elie, mort le 10/11/1916 à Neuvic (tuberculose contractée en service)

412e RI, réformé.
Classe 1913, matricule 759(Périgueux).

Né à St Séverin d’Estissac (le Nègre) le 30/10/1893 – 23 ans, célibataire.
Fils de Pierre et d'Anne Beaugier.

 

Douaumont a été repris en octobre et au mois de décembre, les armées ont retrouvé leurs positions de départ, 10 mois de combats, 300 000 victimes dans chaque camp pour un gain territorial nul.

 A la suite de la bataille de la Somme, l'état-major allemand décide de la guerre sous-marine à outrance ce qui aura pour effet indirect mais décisif l'entrée en guerre des Etats Unis en 1917.

 

 Suite du registre de l'abbé Tocheport, curé de Neuvic :

"Il faut reconnaître que femmes et vieillards, en général, s'adonnent courageusement aux travaux des champs pour suppléer les absents. Il faut reconnaître aussi que les désordres qu'amènent l'absence des maris sont à peu près inconnus à Neuvic.
La liste des deuils s'allonge. C'est à près de 50 qu'il faut porter le chiffre des victimes de la guerre.
Les permissionnaires qui se succèdent sans interruption repartent fidèlement, sinon joyeux, du moins résignés et la plupart courageux. Pas un seul cas de désertion depuis le début de la guerre."

 

 

 

 

 

 

Article précédent : 1915  Article suivant : 1917

16 morts en 1916

f t g m